Javascript Menu by Deluxe-Menu.com fable Jean de La Fontaine : la Fortune et le jeune Enfant
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Fable, JEAN DE LA FONTAINE, 
La Fortune et le jeune Enfant  Livre V, fable 11 
   

LA FORTUNE ET LE JEUNE ENFANT

           Sur le bord d'un puits très profond
            Dormait étendu de son long,
            Un enfant alors dans ses classes (1).

Tout est aux écoliers couchette et matelas.
            Un honnête homme en pareil cas
            Aurait fait un saut de vingt brasses.
            Près de là tout heureusement,
La Fortune passa, l'éveilla doucement,

Lui disant : «Mon mignon, je vous sauve la vie.

Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.

Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi ;
            Cependant c'était votre faute.
            Je vous demande en bonne foi
            Si cette imprudence si haute

Provient de mon caprice.» Elle part à ces mots.
            Pour moi, j'approuve son propos.
            Il n'arrive rien dans le monde
            Qu'il ne faille qu'elle en réponde.
            Nous la faisons de tous écots (2) ;
Elle est prise à garant de toutes aventures.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures (3),

On pense en être quitte en accusant son sort :
            Bref, la Fortune a toujours tort.
La Fontaine pour "La Fortune et le jeune Enfant" trouve ses sources chez Esope : Le Voyageuret la Fortune (recueil Nevelet) et surtout chez Régnier : Satire XIV, v. 85-92."La Fortune" est un personnage revenant périodiquement dans l'oeuvre de La Fontaine.



(1) un collégien
(2) l'écot est la participation financière de chacun à un repas commun.
Ici, cela veut dire que nous attribuons à la fortune sa part dans tous les événements qui nous concernent. D'autres éditions écrivent échos, ce qui  transforme le sens.
(3) dispositions

Illustration : Achille Deveria (1800-1857)

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