Javascript Menu by Deluxe-Menu.com fables de Jean de La Fontaine : le lièvre et les grenouilles
portrait de Jean de La Fontaine le corbeau de la fable jardin de la maison natale actuellement le perron de l'entrée de la maison
FABLE,  JEAN DE LA FONTAINE : 
LE LIEVRE ET LES GRENOUILLES  Livre II, fable 14   
Pour Pierre-Antoine  

LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES
..........Un Lièvre en son gîte (1) songeait
(Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?) ;
Dans un profond ennui ce Lièvre se plongeait :
Cet animal est triste, et la crainte le ronge.
          Les gens de naturel peureux
          Sont, disait-il, bien malheureux :
Ils ne sauraient manger morceau qui leur profite.
Jamais un plaisir pur ; toujours assauts divers.
Voilà comme je vis : cette crainte maudite
M’empêche de dormir, sinon les yeux ouverts (2).
Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.
          Et la peur se corrige-t-elle ?
          Je crois même qu’en bonne foi
          Les hommes ont peur comme moi.
          Ainsi raisonnait notre Lièvre,
          Et cependant (3) faisait le guet.
          Il était douteux (4), inquiet ;
Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.
          Le mélancolique (5) Animal,
          En rêvant à cette matière,
Entend un léger bruit : ce lui fut un signal 
          Pour s’enfuir devers (6) sa tanière.
Il s’en alla passer sur le bord d’un étang :
Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes ;
Grenouilles de rentrer en leurs grottes profondes.
          Oh ! dit-il, j’en fais faire autant
          Qu’on m’en fait faire! ma présence
Effraie aussi les gens! je mets l’alarme au camp !
          Et d’où me vient cette vaillance ?
Comment ! des animaux qui tremblent devant moi !
          Je suis donc un foudre de guerre ?
Il n’est, je le vois bien, si poltron sur la terre,
Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.

         


Source : Les lièvres et les grenouilles, Ésope
Chez Ésope, les lièvres rassemblés, se plaignant de leur sort et craignant tous les dangers avaient choisi de mourir plutôt que d'avoir peur toute leur vie. Ils s'élancèrent vers l'étang pour s'y noyer. Les grenouilles que la fuite des lièvres avaient effrayées, se précipitèrent dans l'étang... Les lièvres, voyant qu'il y avait plus craintifs qu'eux renoncèrent à leur projet. La morale ici est que les malheureux sont consolés par les maux plus graves des autres

(1) endroit abrité où le lièvre se repose.
(2) en réalité, le lièvre ouvre l'œil au moindre bruit, donnant l'impression qu'il dort les yeux ouverts.
(3) pendant ce temps
(4) pris ici au sens de craintif. Ce mot est formé de l'ancien français doute : crainte.
(5) Dans le dictionnaire de Furetière de 1690, on lit : maladie qui cause une rêverie sans fièvre, accompagnée d'une frayeur et tristesse sans occasion apparente....
(6) vers



le lièvre et les grenouilles

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