Javascript Menu by Deluxe-Menu.com fable Jean de La Fontaine : le loup la chèvre et le chevreau, le loup la mère et l'enfant
portrait de Jean de La Fontaine le corbeau de la fable jardin de la maison natale actuellement le perron de l'entrée de la maison
Fable, JEAN DE LA FONTAINE : "LE LOUP, LA CHEVRE ET LE CHEVREAU"  Livre IV,  15 
"LE LOUP, LA MERE ET L'ENFANT" LIVRE IV, 16
 

Voici la première de deux fables jumelées, procédé
déja rencontré dans : "La Mort et le Malheureux,
La Mort et le Bûcheron", entre autres.
Elle trouve sa source de l'Anonyme de Nevelet (II, 10).On y reconnaît l'expression de la protection maternelle sécurisante...


Le Loup, la ChEvre et le Chevreau 

La bique allant remplir sa traînante mamelle,
            Et paître l'herbe nouvelle,
            Ferma sa porte au loquet,
            Non sans dire à son biquet:
            «Gardez-vous, sur votre vie,
            D'ouvrir que l'on ne vous die,
            Pour enseigne et mot du guet (1) :
            «Foin (2) du loup et de sa race!"»
            Comme elle disait ces mots,
            Le loup de fortune (3) passe;
            Il les recueille à propos,
            Et les garde en sa mémoire.
            La bique, comme on peut croire,
            N'avait pas vu le glouton.
Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton,
            Et d'une voix papelarde (4)
Il demande qu'on ouvre en disant: « Foin du loup!»
            Et croyant entrer tout d'un coup.
Le biquet soupçonneux par la fente regarde:
«Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point,»
S'écria-t-il d'abord. (Patte blanche est un point
Chez les loups, comme on sait, rarement en usage.)
Celui-ci, fort surpris d'entendre ce langage,
Comme il était venu s'en retourna chez soi.
Où serait le biquet s'il eût ajouté foi
            Au mot du guet, que de fortune
            Notre loup avait entendu?

            Deux sûretés valent mieux qu'une,
Et le trop en cela ne fut jamais perdu.

(1) pour signe de reconnaissance et mot de passe
(2) marque au 17ème, le dépit, l'agacement, la
répulsion.
(3) par hasard
(4) hypocrite

 

 

 

La seconde fable trouve sa source d'Esope "Le loup et la vieille" (recueil Nevelet). 
Le lien entre les deux fables est certainement l'attitude du loup trop avide, qui ne réussit pas dans son entreprise.

LE LOUP, LA MERE ET L'ENFANT

            Ce Loup me remet en mémoire
Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris
            Il y périt; voici l’histoire.
Un Villageois avait à l’écart son logis.
Messer Loup attendait chape-chute (1) à la porte.
"Il avait vu sortir gibier de toute sorte
            Veaux de lait, Agneaux et Brebis,
Régiments de Dindons, enfin bonne provende (2).
Le Larron commençait pourtant à s’ennuyer.
            Il entend un Enfant crier.
            La Mère aussitôt le gourmande,
            Le menace, s’il ne se tait,
De le donner au Loup. L’Animal se tient prêt,
Remerciant les Dieux d’une telle aventure,
Quand la Mère, apaisant sa chère Géniture,
Lui dit : Ne criez point; s’il vient, nous le tuerons.
Qu’est ceci? s’écria le mangeur de Moutons.
Dire d’un, puis d’un autre? Est-ce ainsi que l’on traite
Les gens faits comme moi? Me prend-on pour un sot?
            Que quelque jour ce beau Marmot
            Vienne au bois cueillir la noisette!
Comme il disait ces mots, on sort de la maison.
Un Chien de cour l’arrête. Epieux et fourches-fières (3)
             L’ajustent (4) de toutes manières.
Que veniez-vous chercher en ce lieu? lui dit-on.
             Aussitôt il conta l’affaire.
             Merci de moi, lui dit la Mère,
Tu mangeras mon Fils! L’ai-je fait à dessein
             Qu’il assouvisse un jour ta faim?
             On assomma la pauvre Bête.
Un Manant lui coupa le pied droit et la tête
Le Seigneur du village à sa porte les mit,
Et ce dicton picard à l’entour fut écrit
              Biaux chires Leups, n ‘écoutez mie
              Mère tenchent chen fieux qui crie. (5)

 

(1) bonne aubaine
(2) provisions, nourriture
(3) fourche ou croc à long manche et à dents de fer
(4) le tiennent en respect
(5) "Beaux sires loups, n'écoutez pas une mère tançant son fils qui crie.

     pauvre loup !  Quel pasage de la fable est illustré ici ?    Je vais te donner au loup !    Aïe !    Non, non, mon fils n'est pas pour toi !  
                        Jeu : Voici 5 images illustrant l'une des 2 fables, à remettre dans l'ordre...                                       

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