Javascript Menu by Deluxe-Menu.com fable Jean de La Fontaine : L'Oiseleur, l'Autour et l'Alouette
portrait de Jean de La Fontaine le corbeau de la fable jardin de la maison natale actuellement le perron de l'entrée de la maison
Fable, Jean de La Fontaine, 
L'Oiseleur, l'Autour et l'Alouette,  Livre VI, fable 15
 

L’OISELEUR, L’AUTOUR ET L’ALOUETTE

            Les injustices des pervers (1)
            Servent souvent d'excuse aux nôtres.
            Telle est la loi de l'univers ;
Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres . (2)
Un Manant au miroir prenait des Oisillons.(3)
Le fantôme brillant (4 ) attire une Alouette.
Aussitôt un Autour planant sur les sillons
            Descend des airs, fond et se jette
Sur celle qui chantait, quoique près du tombeau.
Elle avait évité la perfide machine,
Lorsque se rencontrant sous la main (5) de l'Oiseau
            Elle sent son ongle maline. (6)
Pendant qu'à la plumer l'Autour est occupé,
Lui-même sous les rets demeure enveloppé.
Oiseleur laisse-moi, dit-il en son langage ;
            Je ne t'ai jamais fait de mal.
L'oiseleur repartit : Ce petit animal
            T'en avait-il fait davantage ?


Source : Abstemius, dont la fable se trouve dans le recueil Nevelet, 1660
(2) Cette ligne est la seule de tout le recueil imprimée en italique. Pour quelle raison ? Est-ce pour donner une importance exceptionnelle à cette moralité ? A-t-il présenté ce vers comme l'adaptation d'un alexandrin de Corneille : "Quoi, tu veux qu'on tépargne, et n'as rien épargné ! " (Cinna, acte IV, sc.2, v. 1131). (d'après Simone Blavier-Paquot : L.F. : Vues sur l'art du moraliste dans les fables de 1668, Les Belles Lettres, 1961, p. 144)

L'Autour est un oiseau de proie dressé à la chasse

 

(3) un paysanchassait les oiseaux au miroir
(4) le reflet du miroir est aussi illusoire qu'un fantôme
(5) main s'applique au faucon. Pour les autours, on dit "le pied"
(6) féminin archaïque

image ancienne Epinal
Illustration ancienne : Imagerie Epinal

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