Conformément à l'annonce faite dans le bulletin de janvier 2008, les échafaudages sont maintenant installés, et les travaux commencés ... Bonheur !!
Le musée reste ouvert au public qui accède à l'intérieur par le jardin ... à découvrir ! |
Après plusieurs années d'études et de concertations, le projet de restauration de la maison natale du poète devient réalité et les travaux, qui devraient se dérouler sur trois ans, débuteront en février 2008. Les dessins exposés à l'espace accueil en expliquent les objectifs. La première tranche concerne la façade :
- 1. Reprise des parements en pierre de taille et encastrement des ancrages des tirants
- 2. Restitution des entablements
- 3. Restitution des chapiteaux des pilastres du 1er étage
- 4. Création des bases des pilastres du 1er étage
- 5. Restitution de l'oculus éclairant le vestibule d'entrée
- 6. Restitution du décor sculpté de la porte
- 7. Restitution des meneaux et des traverses en pierre de taille
- 8. Restitution de menuiseries à vitraux losangés
- Restaurations en recherche de la corniche haute et
de la grille en fer forgé
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| Acquisitions
Dans le cadre de la réhabilitation du cabinet de travail du poète, une acquisition de grand intérêt a encore été faite par l'association : il s'agit de la Mythologia Aesopica, d'Isaac Nicolas Nevelet, volume in 8, de 678 pages, avec une reliure d'époque, illustrée de 237 gravures sur bois par Virgil Solis. Elle vient compléter avec bonheur la collection du musée. L'édition date de 1660 à Francfort, chez Christian Gerlach et Simon Beckenstein imprimeurs.
La première édition de ce recueil avait eu lieu en 1610, à Francfort également. Son descriptif en latin nous a été très aimablement traduit par Jean-Claude Belin :
“Mythologie ésopique, contenant 297 fables gréco-latines dont 136 paraissent d'abord. S'y ajoutent des fables de Babrius encore enrichies. 60 fables d'un ancien anonyme traduites en vers latins tirées d'éditions tombées en désuétude et rendues à la lumière par un ouvrage manuscrit. Tous ces ouvrages viennent de la Bibliothèque Palatine. S'y ajoutent des fables de Phèdre, d'Avienus, d'Abstemius ; grâce au travail et à l'étude d'Isaac Nicolas Nevelet avec des notes du même dans la même édition… ”
Certes, La Fontaine connaissait cet ouvrage qui a été la source principale de Pierre Millot, le premier traducteur français des fables latines de Phèdre et d'Aphtonius, suivi un an après de Louis-Isaac Le Maistre de Sacy (1647).
Peut-être le poète a-t-il composé ses fables en ayant la Mythologia Aesopica sous les yeux ? Ce n'est pas invraisemblable !
Les fables … La Fontaine
Le sujet a déjà été longuement traité par les spécialistes. Ces quelques lignes ne feront que l'aborder. Justice sera ainsi rendue au fabuliste qualifié souvent de " copieur ". Pourtant, il justifie sa démarche dans la préface du premier livre des fables en disant :
[" Après tout, je n'ai entrepris la chose que sur l'exemple […] A peine les fables qu'on attribue à Esope virent le jour, que Socrate trouva à propos de les habiller des livrées des Muses […] Socrate n'est pas le seul qui ait considéré comme sœurs la poésie et nos fables. Phèdre a témoigné qu'il était de ce sentiment […] Après Phèdre, Avienus a traité le même sujet. Enfin les Moderne les ont suivis […] J'ai pourtant considéré que, ces fables étant sues de tout le monde, je ne ferais rien si je ne les rendais nouvelles par quelques traits qui en relevassent le goût […] On veut de la nouveauté et de la gaieté. Je n'appelle pas gaieté ce qui excite le rire ; mais un certain charme, un air agréable, qu'on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux. […] Ces badineries ne sont telles qu'en apparence ; car dans le fond elles portent un sens très solide […] Elles ne sont pas seulement morales, elles donnent encore d'autres connaissances. Les propriétés des animaux et leurs divers caractères y sont exprimés ; par conséquent les nôtres aussi, puisque nous sommes l'abrégé de ce qu'il y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables […] [Ainsi ces fables sont un tableau où chacun de nous se trouve dépeint. ]
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Le choix du domaine littéraire dans lequel La Fontaine va exceller s'explique par sa forte culture humaniste et latine, sa fréquentation d'amis érudits et sa connaissance des publications suivantes :
- 1495 : recueil de cent fables de source ésopique, ornées et tournées en vers latins (traduites en français en 1572) avec des fables d'Esope traduites en latin et publiées à Venise par Abstémius, bibliothécaire du duc d'Urbin.
- 1505 : recueil où l'on trouve le texte grec et la traduction latine des fables d'Esope, ainsi que celles de Babrias, publié à Venise sur les presses d'Alde Manuce.
- 1529 : équivalent français de cette édition à Paris chez Robert Estienne.
- 1596 : première édition du fabuliste antique Phèdre à Troyes par l'érudit Pierre Pithou qui en possédait un manuscrit
- 1617 : seconde édition de Phèdre, issue d'un autre manuscrit découvert à Reims par le jésuite érudit Jacques Sirmond
- Au XVIIe siècle encore, après cette découverte des Fabulae esopicae de Phèdre, paraît à Francfort en 1610 la Mythologia Aesopica d'Isaac-Nicolas Nevelet (fils de Pierre Nevelet) né à Troyes et … neveu de Pierre Pithou) qui sera rééditée en 1660.
Les fables grecques étaient partout présentes, se lisaient dans tous les milieux, se contaient et avaient une place importante dans l'enseignement.
Les fables de La Fontaine sont l'héritage de ce passé littéraire. L'originalité et le génie du poète sont résumés par cette citation de Marc Fumaroli :
" C'est par la diversité des tons, des modes, des humeurs, des styles, des genres, que l'unité du tout se laisse pressentir, mais ne s'impose jamais. C'est par là aussi qu'elles se sont assurées d'être toujours à l'heure ". (Marc Fumaroli, La Fontaine : Fables)
N.B. Cette année fête le 340e anniversaire de la publication du premier livre des fables !
Thérèse Pichard
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