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ARTICLES DU BULLETIN DE L'ASSOCIATION   

La maison natale de La Fontaine N°1

Jean de La Fontaine, avocat (N°13)
Les collections du musée Jean de La Fontaine : Jules Maciet N°2 Les "métiers" de La Fontaine : gentilhomme servant (N°14)
La bibliothèque Charles Henri Génot-Boulanger N°3 L'entourage de La Fontaine : La duchesse de Bouillon (N°16)
La vie amoureuse de La Fontaine N°4 Le métier d'écrivain au temps de La Fontaine (N°17)
Que se passe-t-il au musée ? (bulletin de novembre 2000) Echanges culturels N°5 S'informer au temps de La Fontaine : Les journaux N°18)
Maison natale : Léon Garnier. La polémique a la vie dure. N°6

Du nouveau chez La Fontaine : Restauration de la maison (N°19, 20, 21)
Les "dessous" de la maison natale N°7 S'informer au temps de La Fontaine
Les fables ... avant La Fontaine (N°19)
DALI chez La Fontaine. N° 8 Lire dans les milieux populaires au temps de La Fontaine
(N°20)
La collection Feuillet de Conches. N° 8 La Galerie du Palais de justice au XVIIe siècle (N°20)
Les aquarelles d'Auguste Delierre (1829-1891). N° 9 N°22 : Lire le bulletin de l'association
- Illustration des fables par les amis de Jean Cocteau ; Acquisition de 6 fauteuils aux fables ; J.B. Oudry : Le La Fontaine de la peinture ; Dates marquantes en janvier pour La Fontaine...
La Fontaine, les livres, les artistes,  N°10 N°23 : Nuit des musées 2010, autour du thème "L'astrologue..." ; Jean de La Fontaine, Château-Thierry, le château ; "comité du monument La Fontaine".
La maison natale : transformations extérieures, N°10
Jean de La Fontaine ailleurs, au 21e siècle (N°11) N°24 : Fermeture du musée ; acquisition : Esopus in Europa ; la francophonie : L.S. Senghor, Jean de La Fontaine, Acquisitions, Audioguides (bulletin PDF)
Jean de La Fontaine, maître des eaux et forêts (N°12) N° 25 : Nuit des musees 2011 ; prix littéraire ; donateurs ; Starewitch ; jean e La Fontaine mousquetaire ; réseau des maisons d'écrivains en Picardie (Bulletin format PDF)
 
   

La maison natale de Jean de La Fontaine

Depuis sa vente par Jean de La Fontaine, en 1676, à Antoine Pintrel, gentilhomme de la grande vénerie du roy et cousin du poète, la maison du fabuliste change neuf fois de propriétaires, jusqu'en 1869.Environ cent ans après sa vente par Jean de La Fontaine, elle n'a pas changé d'aspect. Elle commence à ce moment à subir diverses réparations pour la rendre plus agréable à vivre : les meneaux en pierre qui garnissent plusieurs croisées disparaissent à cette époque.De 1764 à 1824, trois générations de la famille Masson l'occupent : la dernière, petite-fille du sieur François Masson, est l'épouse de Monsieur Tanevot, maire de la ville.Le changement de nom de "rue des Cordeliers" en "rue Jean de La Fontaine" date de la Révolution. "Les patriotes ne pouvaient manquer de saisir l'occasion de substituer le nom du poète qui fait l'orgueil du pays, à celui d'une communauté (les Cordeliers) qui n'avait rien fait pour se recommander au souvenir et à la reconnaissance des contemporains."
En 1827, enfin, est apposée une plaque signalant la maison natale, grâce aux démarches de son propriétaire de l'époque, Monsieur Tribert, président honoraire du tribunal civil de Château-Thierry. Jusqu'à cette date, c'est la tradition qui conduit ceux qui veulent visiter la maison natale du célèbre fabuliste, ce qui est en général bien accepté par les propriétaires. En 1869, la Société Historique et Archéologique lance une souscription pour acheter la maison qui est alors en vente et que la ville n'a pu acquérir, faute d'un budget suffisant.En tête de la souscription publique, on trouve l'inscription de l'Empereur et du Ministre de l'Instruction Publique.La guerre interrompt la souscription qui est reprise plus tard mais qui se traîne péniblement et le Comité doit renoncer à son projet de rétablir l'immeuble dans son état et style primitifs.En 1876, la Société Historique donne la maison à la ville de Château-Thierry, qui paye l'insuffisance de la souscription (1/4 de la somme).En 1870 se trouve encore dans le jardin, une aubépine séculaire, plantée par le poète lui-même dit-on.Sources : Annales de la Société Historique et Archéologique
de Château-Thierry
 
Les collections du musée 
Jean de La Fontaine :

Vous avez sans doute remarqué que beaucoup d'oeuvres exposées au musée portent la mention "Don de M. Jules Maciet". Le docteur François Aman-Jean, encore très présent à la mémoire de nombreux castels a fait  une communication à la Société Historique et Archéologique de Château-Thierry, en 1966, dans laquelle il décrit merveilleusement Jules Maciet, son cousin.
Jules Maciet naît à Paris, en 1846, rue Cambon, dans une famille de bourgeois fortunés. Il mène une existence douillette d'enfant unique et gâté. "Madame Maciet va à la messe et fait des visites. Monsieur Maciet ne fait rien que lire. L'appartement est affreux, sombre et clos...C'est une famille qui n'aime que la charité, les livres et les chiens et qui vit béate et innocente dans un lieu laid. L'art est une porte close. Par quel mystère l'enfant Jules va-t-il l'entr'ouvrir tout seul ?"Il est demi-pensionnaire au lycée Louis le Grand, et peut voir les monuments parisiens chaque jour, du fiacre qui le transporte. Chaque jeudi, chaque dimanche, il va au Louvre, qu'il connaît par coeur à 14 ans. Toutes les époques et tous les domaines artistiques l'intéressent. De plus, il fait des études brillantes, et côtoie des gens célèbres dans le domaine artistique.A 17 ans, il commence à entrer chez les petits marchands d'antiquités et s'habitue aux ambiances des ventes de l'hôtel Drouot. A 18 ans, il économise sur son argent de poche pour faire des timides achats, qu'il donne la plupart du temps à un ami ou à un musée.A 24 ans, après avoir travaillé avec un commissaire-priseur à l'Hôtel Drouot, puis chez Durand-Ruel, marchand de tableaux, après avoir visité tous les musées d'Italie, de Hollande, d'Allemagne, d'Angleterre, d'où il ramène livres et documents, il est un connaisseur qui s'est fait tout seul, à l'étonnement vaguement scandalisé de ses parents.  

Après la guerre de 1870, ( il s'était volontairement engagé dans la Garde Mobile de Paris), il se consacre à sa passion : acheter pour donner...Défiguré par la petite vérole, il ne se marie pas et n'a pas d'enfants. Sa fortune, sans être considérable, lui permet de vivre une existence de rentier. Sa quête quotidienne est d'être à l'affût de l'objet rare en vente à l'hôtel Drouot. Il l'achète parce qu'il sait qu'il rendra service à quelqu'un ou complètera les collections du Louvre, de Carnavalet, des Arts Décoratifs, de la Bibliothèque Nationale. Ce côté social est très fort chez Jules Maciet. Il donne au Musée pour l'éducation artistique des autres, des aristocrates aux ouvriers en passant par les bourgeois. De 1880 à 1882, il fait 500 achats d'oeuvres d'art, immédiatement données aux Arts Décoratifs, qui, grâce à lui, devient un des plus beaux musées de Paris. De 1880 à 1910, date de sa mort, il achète 2329 ouvres d'art pour en faire don aux Arts Décoratifs et 1500 pour le Louvre et les musées de province. Il devient président des Amis du Louvre quelques mois avant sa mort.En ce qui concerne le musée de Château-Thierry, les dons auraient pu être plus nombreux, mais à l'époque, le musée était sans surveillance, en désordre et poussiéreux.C'est lui également qui imagine, organise et entretient pendant 30 ans la "Bibliothèque Jules Maciet", aux Arts Décoratifs, poursuivant son but social : "recherche du Beau pour l'Utile" afin de procurer aux artisans les documents nécessaires à leur travail.Toutes les fonctions importantes qu'il occupe sont toujours gratuites, et il refuse toutes les décorations "Je donnerais tous les rubans du monde pour un beau Corot".Enfin, par testament, Jules Maciet lègue à la ville de Château-Thierry 30000 volumes , fonds important de la Bibliothèque. C'est ce legs qui motive de la part de la municipalité de 1910 de débaptiser la rue du Village St-Martin en rue Jules Maciet.Sur sa tombe, son ami Koechlin s'écrie :"Nul amateur d'ancien aura été plus moderne".


La bibliothèque de Charles Henri Génot-Boulanger

Pour célébrer le dixième anniversaire de la réception en mai 1989 de la bibliothèque lafontainienne de Charles Henri Génot-Boulanger, des livres rares et précieux vont être exposés au public. Commencée en 1934 par Charles Henri Génot décédé en 1988, cette collection fut donnée à la Ville pour le musée par Madame Génot-Boulanger conformément au souhait de son mari.Charles Henri Génot, lié professionnellement à l'industrie pharmaceutique était un amoureux de la nature, et un peu philosophe. Son auteur préféré était La Fontaine avec lequel sa sensibilité en direction des animaux et son amour de la langue française étaient en parfaite harmonie.Sur les deux-cent-quarante exemplaires de sa bibliothèque, deux cents sont des éditions des fables. Un trésor représentatif des plus belles éditions du 17ème au 20ème siècles. Parmi les plus belles pièces, citons chronologiquement :

- Les éditions originales des fables de 1668 in-4, de 1672, de 1678-1694 in-12, corrigées par La Fontaine lui-même, illustrées par François Chauveau, graveur des fêtes de Louis XIV.

- Les Fables dites d'Oudry, 1755-1759 : Jean-Baptiste Oudry, peintre des chasses de Louis XV et directeur de la manufacture de tapisseries de Beauvais, en avait dessiné deux-cent-soixante-quinze illustrations. Ce chef-d'œuvre de l'édition française, se trouve en deux exemplaires, magnifiquement reliés, l'un présente la particularité bibliophilique, très recherchée, de la planche illustrant la fable Le Singe et Le Léopard, avant l'inscription "Le Léopard" sur l'enseigne. (1)


- Les Contes et nouvelles de 1762, fameuse édition dite des Fermiers généraux, qui l'avaient commanditée. Le musée Jean de La Fontaine n'en montrait jusque-là que quelques-unes des contrefaçons.
- Les Fables, gravées en taille-douce par Simon Simon et Jacques Joseph Coiny d'après les dessins de Vivier, imprimées par Didot en 1787, dont les vignettes ont servi longtemps de modèles pour décorer le fonds d'assiettes de Creil ou de Choisy.
- Les deux éditions des illustrateurs les plus connus du 19ème siècle : Grandville et Gustave Doré.
- Plus proches de nous, il convient de citer les illustrateurs Jules Chadel en 1927, Lurçat en 1950, Chagall en 1952 avec ses cent eaux-fortes, Hans Erni en 1955, Lemarié en 1966 et 1970.
- La collection présente un grand nombre d'éditions et d'illustrateurs moins connus, significatifs des époques, des styles et des modes ; des exemplaires remarquables par la provenance, la reliure ou le tirage des illustrations ; des éditions minuscules, des éditions populaires, des éditions pédagogiques et des éditions pour les enfants


(1) avant l'inscription sur l'enseigne


"Le léopard" est inscrit sur l'enseigne

La vie amoureuse de La Fontaine

Alors que Racine aima si tendrement "la Du Parc" (1633-1668), et "la Champmeslé", alors que Molière souffrit cruellement des coquetteries d'Armande Béjart, on cherche vainement le nom d'une femme pour laquelle Jean de La Fontaine ait éprouvé de la passion, de l'exaltation, pour laquelle il ait fait des folies, ou pour laquelle enfin il ait eu un amour profond. Ne parlons pas de son mariage avec Marie Héricart, qu'il n'avait pas choisie et qui lui avait été plus ou moins imposée par son père. C'était l'époque où on croisait le jeune avocat, tard le soir, dans la rue des Cordeliers, une lanterne à la main, chaussé de ses bottes blanches, allant à des rendez-vous galants. Il n'hésitait pas, si le rendez-vous était manqué, à conquérir la jeune beauté, servante de la dame chez laquelle il se rendait. Après tout, "Les délicats sont malheureux" écrit-il, et les servantes valent bien les maîtresses. De nombreux Castelthéodoriciens portèrent les cornes, qu'importe :

"Pauvres gens, dires-moi, qu'est-ce que cocuage 
Qu'est-ce enfin que ce mal dont tant de gens de biens
Se moquent avec juste cause ?
Quand on l'ignore, ce n'est rien
Quand on le sait, c'est peu de chose."


Alors, La Fontaine méprisait-il les femmes ? Certainement pas, il appréciait beaucoup leur compagnie et était charmé par la féminité. Cependant, être vraiment amoureux aurait été une affaire qui lui aurait demandé trop d'investissement personnel : paresseux à sa façon, rêveur, distrait, peu opiniâtre : aimer une femme l'aurait obligé à fixer toute son attention sur elle, ce dont il était incapable. Alors, il fut un excellent ami et parce qu'il était très voluptueux et appréciait très fort le plaisir, il se contenta d' amours faciles :
"Sous les cotillons des grisettes
Peut loger autant de beauté
Que sous les jupes des coquettes..
Une grisette est un trésor.
On en vient aisément à bout ;
On lui dit ce qu'on veut, bien souvent rien du tout."
Pourtant, de nombreuses femmes restent liées à sa vie. Son mariage étant absent d'amour, les époux se séparèrent définitivement après environ seize ans de vie plus ou moins commune. La Fontaine était alors gentilhomme servant au Luxembourg, chez Madame, la duchesse douairière d'Orléans, emploi que lui avait procuré la duchesse de Bouillon. Mlle de La Fontaine, sa femme, comprenant qu'elle serait exclue de la gloire littéraire naissante de son mari, décida de rentrer seule à Château-Thierry.La duchesse de Bouillon, férue de poésie, a joué un grand rôle dans la vie de La Fontaine. A Château-Thierry où elle s'ennuyait, la compagnie du poète lui était des plus agréables, et réciproquement. Son portrait nous la montre espiègle et vive, l'air décidé, le décolleté généreux et.un nez retroussé, ce qui faisait "fondre" La Fontaine :"Nez troussé ? C'est un charme encore selon mon sens,
C'en est même un des plus puissants."
Il dédia à "la muse des contes", ainsi a-t-on appelé la duchesse, Les Amours de Psyché et de Cupidon. La Fontaine fut-il amoureux de Marie-Anne, duchesse de Bouillon ? Il ne l'osa pas : il n'oubliait pas qu'elle était la femme du seigneur de Château-Thierry, dont il n'était que l'un des officiers, maître des eaux et forêts. Il a toujours su ce que pouvait, pour un poète, l'influence d'une grande dame ou d'une femme charmante. Auprès de Mesdames de La Fayette, de Sévigné, de Thianges ou de La Sablière, il resta très empressé, mais se garda bien de leur faire la cour. Lui qui a tant chanté l'amour, et parlé d'amour jusqu'à soixante-dix ans passés, il ne fut jamais un grand amoureux, et son ouvre n'attire ni ne retient les cours passionnés.La Fontaine semble avoir choisi de se contenter de l'amitié de Clymène (les grandes dames) tout en prenant son plaisir avec des Jeanneton et des Chloris (les soubrettes et les servantes). C'est sans doute le secret de sa bonhommie et de son parfait équilibre.

Que se passe-t-il au musée ? (bulletin N°6)

Conformément aux objectifs de mise en place d'un programme d'échanges culturels de haut niveau entre les villes de Ath et de Château-Thierry, les habitants de la ville d'Ath pouvaient admirer chez eux, à la bibliothèque Jean de La Fontaine des illustrations des fables. Les eaux-fortes de Chagall appartenant aux collections du musée et les dessins de Gabriel Lefèbvre, étaient mis en parallèle. Gabriel Lefebvre, illustrateur, est né en 1951 à Ixelles. Il a effectué ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Mons, en Belgique où il vit actuellement. Il est maintenant professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Binche et a illustré de nombreux livres pour la jeunesse. Dans l'attente de voir une exposition de ses dessins à Château-Thierry, vous pourrez trouver à la boutique du musée le livre des fables qu'il a superbement illustrées. Notre poète qui n'était pas un grand voyageur, ses horizons n'ayant pas dépassé le Limousin, inspire toujours !

 

C'est encore la renommée internationale de La Fontaine qui est à l'origine du choix de notre ville. Dans le cadre de la coopération entre la France et le sultanat d'Oman, le stage effectué en octobre dans la maison natale de Jean de La Fontaine par Karima Al Farsi, en charge de musée dans son pays, doit lui permettre de pratiquer la muséologie et de perfectionner ses connaissances.

Pendant les journées du patrimoine, nous avons pu découvrir un grand nombre de cartes postales éditées entre 1900 et 2000, relatant l'histoire de notre ville et son évolution au XXe siècle.

Maison natale : Léon Garnier. La polémique a la vie dure.
Léon Garnier, collectionneur, donateur ayant contribué à l'enrichissement des collections du musée, connu des spécialistes de La Fontaine, publiait en 1937 "La vie de notre bon Jehan de La Fontaine contée par l'image". Il est amusant de confronter à la réalité actuelle la vision qu'il avait du devenir de la maison du fabuliste et les prises de position qu'il affichait :Suivant les dispositions convenues, la maison de La Fontaine a été occupée par la Bibliothèque -qu'on déménagera plus tard-. Mais la Société Historique se réserve toujours d'autres locaux où l'on ne saurait pénétrer, et qui constituent la partie la plus attrayante de la demeure, coïncidence malheureuse, car une reconstitution du cabinet de travail du poète et une galerie d'art y pourraient prendre place.
[.] Il serait aussi plus qu'utile que l'on fasse établir une notice-catalogue succinte, gratuite pour les visiteurs.En 1826 avait été dressé un projet de reconstitution de l'extérieur, qui ne fut pas suivi.

On pourrait aussi dès maintenant envisager l'adjonction d'une salle d'exposition dans un local touchant la maison de notre Jehan : l'ancienne chapelle des Cordeliers (le gymnase de l'Avant-Garde, récemment supprimé pour la construction de la médiathèque), ses voisins d'autrefois. Il faut former quelque vigoureux comité qui lancerait un vibrant appel à la légion des amis du Bonhomme, appel qui retentirait par toute la France, rassemblant bientôt tous les "Amis de la Maison de La Fontaine" dans un effort commun de sauvetage et de restauration.[.] Et ne voit-on d'ores et déjà les énormes avantages qu'un musée La Fontaine digne de ce nom procurerait à Château-Thierry ? Conférenciers de Paris, caravanes scolaires, amateurs, curieux, touristes, attirés par un cadre enfin digne d'un des plus purs écrivains de langue française, ne manqueraient certes pas d'assurer aux Castel-Théodoriciens des profits et des honneurs fort positifs. [.] . Il faut faire du musée de province "le Louvre de chaque ville" [.].Donc, dans le sombre tableau de la Maison du Poète, une lueur commence à briller : l'espoir d'un résultat peut déjà s'envisager ; un jour viendra, et peut-être assez proche, où revivra le vrai visage de la Maison de La Fontaine. Entre réalisés irréalisables et réalisables, les projets étaient vastes, Monsieur Garnier.
P.S. Le vœu de Léon Garnier est exaucé officiellement depuis janvier 2006....

Les "dessous" de la maison natale

Histoire locale et archéologieNous avons parlé à plusieurs reprises de la maison natale de Jean de La Fontaine. Le sujet n'est pas épuisé et nous allons maintenant évoquer les salles basses de la demeure.Les caves situées sous la maison du poète sont de dimensions imposantes et ont une très vaste étendue. Elles sont décrites comme suit dans le contrat de vente du 2 janvier 1676."C'est à scavoir une maison [.] et caves dessoubz lesdits lieux, lesquelles s'étendent aussy soubz la cour des pères Cordeliers"Escaliers, salles et couloirs s'y succèdent. L'un d'eux, en direction du château a même laissé supposer au siècle dernier l'existence d'un passage qui aurait conduit à un souterrain. De là à en déduire que la maison avait été construite pour un personnage de haut rang, il n'y avait qu'un pas. Il fut franchi. En l'absence de documents authentiques, toutes les fantaisies sont permises.Les données scientifiques communiquées par François Blary archéologue municipal, que nous remercions, nous permettent de décrire ces caves :
niveau inférieur des caves
vue partielle du niveau inférieur des caves
Le réseau de salles souterraines est accessible par la petite porte en bois située au-devant du perron de la maison, au niveau de la cour pavée. On la voit aisément de la rue. Les salles basses s'inscrivent exactement dans le périmètre bâti de cet hôtel.
Quatre d'entre elles sont voûtées en arêtes. Elles sont réparties sur deux niveaux, trois au premier niveau, deux au second.Sous la partie de la maison parallèle à la rue, existent deux grandes salles divisées en vaisseaux et travées autour de piliers à section carrée, réalisés en pierre de taille calcaire. La lumière du jour y parvient par les ouvertures ménagées dans la partie basse de la maison, visibles de la rue. Sous le corps de bâti de l'aile perpendiculaire à la rue se trouvent deux salles superposées, l'une au premier niveau, l'autre en dessous. Elles forment chacune un seul vaisseau de quatre travées. La portion proche de la rue a été raccourcie au XIXe siècle. Communiquant avec celle de niveau inférieur, existe une salle située hors de l'emprise, sous la partie de l'ancien couvent des Cordeliers transformée en gymnase au début du XXe siècle. Cette salle de type couloir à loges, différent de celui des autres salles, est constituée d'un couloir central desservant sur les deux côtés de son axe huit loges, certainement dix à l'origine. Elle est postérieure à 1130 et antérieure à 1559, puisque son entrée recoupe un mur massif de fondation large de 1,60m préexistant, qui pourrait correspondre au mur d'enceinte urbaine réalisée sous Thibaud II entre 1120 et 1130. Comme d'autres salles de même type, elle peut être datée de la période située entre la deuxième moitié du XIIIe siècle et le XIVe siècle.Ces salles sont actuellement utilisées pour le rangement d'objets divers, respectant probablement ainsi leur vocation première. Elles sont en bon état, on note la présence des gaines de chauffage dans l'une d'elles. Leur sol est en terre battue. On s'y tient aisément debout, peut-être servaient-elles de refuge en cas de danger.Louis Roche, parlant de la maison du poète dans La vie de Jean de La Fontaine, p. 3, écrit : "Faut-il rappeler qu'au-dessous se développait une grande cave, digne de propriétaires champenois", et Léon Garnier dans La vie de notre bon Jehan de La Fontaine p.14 : "Peut-être est-ce à sa cave que La Fontaine a dès sa jeunesse puisé le secret de sa malicieuse bonhomie, car il aimait le vin frais issu des coteaux de sa champagne natale et qu'il buvait, à ce qu'assure Tallemant des Réaux, en mangeant de délicieux "dauphins" " (petits pâtés à la viande en forme de dauphin, spécialité de Château-Thierry.)Les caves sont fermées au public.
Articles : Thérèse Pichard