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seconde entrée, troisième
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entrée, sixième entrée,
septième entrée, huitième entrée
PROLOGUE
UN DES RIEURS
parle.
Le
Beau-Richard tient ses grands jours
Et va rétablir son empire.
L'année est fertile en bons tours ;
Jeunes gens, apprenez à rire.
Tout devient
risible ici-bas,
Ce n'est que farce et comédie ;
On ne peut quasi faire un pas,
Ni tourner le pied qu'on n'en rie.
Qui ne rirait
des précieux ?
Qui ne rirait de ces coquettes
En qui tout est mystérieux,
Et qui font tant les Guillemettes ?
Elles parlent
d'un certain ton
Elles ont un certain langage
Dont aurait ri l'aîné Caton,
Lui qui passait pour homme sage.
D'elles
pourtant il ne s'agit
En la présente comédie:
Un bon bourgeois s'y radoucit
Pour une femme assez jolie.
« Faites-moi
votre favori,
Lui dit-il, et laissez-moi faire. »
La femme en parle à son mari
Qui répond, songeant a l'affaire :
« Ma femme,
il vous faut l'abuser,
Car c'est un homme un peu crédule,
Sous l’espérance d'un baiser,
Faites-lui rendre ma cédule.
« Déchirez-la
de bout en bout
Car la somme en est assez grande
Toussez après. Ce n'est pas-tout !
Toussez si haut qu'on vous entende.
« Il ne faut
pas tarder beaucoup
De peur qu'il n'arrive fortune :
Toussez, toussez encore un coup,
Et toussez plutôt deux fois qu’une. »
Ainsi fut
dit, ainsi fut fait.
En certain coin l’époux demeure,
Le galant vient frisque et de hait ,
La dame tousse à temps et heure.
Le mari sort
diligemment,
Le galant songe à s'aller pendre ;
Mais il y songe seulement :
Pour cela n'est-il à reprendre.
Tous les
galants craignent la toux,
Elle a souvent troublé la fête.
Nous parlons aussi comme époux,
Autant nous en pend sur la tête.
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PREMIERE
ENTREE
M.
Le Breton, représentant
UN MARCHAND,
J'ai de l'argent, j'ai du bonheur,
Aux mieux fournis je fais la nique ;
Et si j'avais un petit coeur,
J'aurais de tout dans ma boutique.
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SECONDE
ENTREE
MM. de
la Barre et Le Tellier représentant
deux
Cribleurs.
LES DEUX
CRIBLEURS
Monsieur, si vous avez du blé
Où quelque ordure se rencontre,
Nous vous l'aurons bientôt criblé.
LE MARCHAND
Tenez, en voici de la montre .
LES CRIBLEURS
Six coups de crible, assurez-vous
Que la moindre ordure s'emporte;
Rien ne reste à faire après nous,
Tant nous criblons de bonne sorte.
Les
Cribleurs s'en vont.
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TROISIEME
ENTREE
Le Marchand,
étant demeuré sur la scène, un savetier entre, représenté par M.
de Haye.
LE SAVETIER,
sortant
de sa boutique, et s'adressant au Marchand.
Bonjour, Monsieur.
LE MARCHAND
Comment vous va ?
Le ménage est-il à son aise ?
LE SAVETIER
Las! nous vivons cahin-caha,
Etant sans blé, ne vous déplaise.
A présent on ne gagne rien;
Cependant il faut que l'on vive.
LE MARCHAND
Je fais crédit aux gens de bien,
Mais je veux qu'un notaire écrive.
Voyez ce blé.
LE SAVETIER
II est bien gris.
LE MARCHAND
Cette montre est beaucoup plus nette.
LE SAVETIER
Voici mon fait ! dites le prix.
LE MARCHAND
Quarante écus.
LE SAVETIER
C'est chose faite
Mine dans muid.
LE MARCHAND
C'est un peu fort,
Mettez pourtant la montre en poche.
LE SAVETIER
Faut six setiers.
LE MARCHAND
J'en suis d'accord.
Le notaire est ici tout proche.
Le
Savetier sort pour aller quérir un Notaire.
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QUATRIEME
ENTREE
M. de
La Barre représentant un Notaire
LE NOTAIRE
Avec moi l'on ne craint jamais
Les et caetera de notaire ;
Tous mes contrats sont fort bien faits
Quand l'avocat me les fait faire.
Il ne faut
point recommencer ;
C'est un grand cas quand on m'affine
Et Sarasin m'a fait passer
Un bail d'amour à Socratine .
Mieux que pas
un, sans contredit
Je règle une affaire importante.
Je signerai, ce m'a-t-on dit,
Le mariage de l'Infante.
Tandis que
le Notaire danse encore, le Savetier entre sur la fin, et dit au
Notaire, en montrant le Marchand :
LE SAVETIER
Je dois à Monsieur que voilà
Et c'est un mot qu'il en faut faire.
LE NOTAIRE,
faisant semblant d'écrire.
"Par-devant les..., et cætera..."
C'est notre style de notaire.
LE MARCHAND,
au Notaire.
Mettez pour six setiers de blé.
Mine dans muid.
LE NOTAIRE
Quelle est la somme?
LE MARCHAND
Quarante écus.
LE NOTAIRE
C'est bon marché.
LE SAVETIER
C'est que Monsieur est honnête homme.
LE NOTAIRE
Payable quand?
LE MARCHAND
A la Saint-Jean.
LE SAVETIER
Jean ne me plaît.
LE MARCHAND
Que vous importe?
Craignez-vous de voir un sergent
Le lendemain à votre porte?
LE SAVETIER
A la Saint-Nicolas est bon.
LE MARCHAND
Jean... Nicolas... rien ne m'arrête.
LE NOTAIRE
C'est d'hiver?
SAVETIER
Oui.
LE NOTAIRE
Signez-vous ?
LE SAVETIER
Non.
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LE NOTAIRE
"A déclaré... " La chose est faite.
Le Notaire présentant l'obligation étiquetée au
Marchand,
Tenez.
LE MARCHAND,
donnant
une pièce de quinze sous au notaire.
Tenez.
LE NOTAIRE
Il ne faut rien.
LE MARCHAND
Cela n'est pas juste, beau sire.
LE SAVETIER
Monsieur, je le paierai fort bien
En retirant...
LE NOTAIRE
C’est assez dire.
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CINQUIEME
ENTREE
Un
Meunier entre avec un âne. M. Cuvron représente le meunier et Le
Formier fait lâne.
LE MEUNIER
Celui-là ment bien par ses dents,
Qui nous fait larrons comme diables :
Diables sont noirs, meuniers sont blancs.
Mais tous les deux sont misérables.
Le meunier
semble un Jodelet
Fariné d’étrange manière;
Le diable garde le mulet,
Tandis qu'on baise la meunière.
Ai-je un
mulet, il est quinteux ;
Et je ne suis pas mieux en mule ;
Si j'ai quelque âne, il est boiteux,
Au lieu d'avancer il recule.
Celui-ci
marche a pas comptés;
On le prendrait pour un chanoine.
Allons donc, mon âne.
L'ANE
Attendez.
Je n'ai pas mangé mon avoine.
LE MEUNIER
Vous mangerez tout votre soûl.
L'ANE,
sentant
une ânesse.
Hin-han, hin-han.
LE MEUNIER
Que veut-il dire?
Hé quoi! mon âne, êtes-vous fou?
Vous brayez quand vous voulez rire!
Le Marchand fait
délivrer du blé au Meunier: Celui-ci le paye, et tous deux sortent
avec l’âne porteur des sacs de blé.
une femme entre
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SIXIEME
ENTREE
M. de Bressay,
représentant
LA FEMME
Que mon mari fait l'assoté !
Il ne m'appelle que son âme;
Si j'étais homme, en vérité,
Je n'aimerais pas tant ma femme.
Sur la fin
du couplet de la Femme,le Marchand de blé entre, et dit à part en
regardant la boutique du Savetier.
LE MARCHAND
Ce logis m’est hypothéqué;
L'homme me doit, la femme est belle,
Nous ferions bien quelque marché,
Non lui et moi, mais moi et elle.
Il s'adresse
à la Femme.
Vous me devez, mais, entre nous,
Si vous vouliez... bien à votre aise...
LA FEMME
Monsieur, pour qui me prenez-vous ?
Voyez un peu frère Nicaise !
LE MARCHAND
Accordez-moi quelque faveur.
LA FEMME
Pourquoi cela?
LE MARCHAND
Pourquoi? Et pour ce
Que je suis votre serviteur...
Et que j'ai de l'argent en bourse.
LA FEMME
Je n'ai souci de votre argent.
LE MARCHAND
Pour faire court, en trois paroles,
La courtoisie ou le sergent,
Ou bien payez-moi six pistoles !
LA FEMME
Je suis pauvre, mais j'ai du cœur:
Plutôt que mes meubles l'on crie,
Comme j'ai soin de notre honneur,
Je ferai tout.
LE MARCHAND
Ma douce amie
On doit apporter du vin frais,
Quelque régale il nous faut faire.
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SEPTIEME
ENTREE
M. Huet
entre, représentant
LE PATISSIER
Monsieur un tel se met en frais...
Il aperçoit
le Marchand qui caresse la Femme du Savetier et dit à part:
Oh! oh! voici bien autre affaire;
Mais ne faisons semblant de rien...
Bonjour, Monsieur; bonjour, Madame.
LE MARCHAND
Tous tes dauphins ne valent rien.
LE PATISSIER
En voici de bons, sur mon âme.
LE MARCHAND
Mets sur ton livre, pâtissier.
Je n'ai pas un sol de monnoie.
Le pâtissier sort, et le Marchand buvant à la
santé de la Femme, dit .
A vous!
LA FEMME
A vous!... Mais le papier?
LE MARCHAND,
montrant
le papier qui contient l'obligation que le Savetier a souscrite à son
profit.
Le voilà.
LA FEMME
Donnez, que je voie ;
Donnez, donnez, mon cher Monsieur!
LE MARCHAND
Quelque sot! Ardez c'est mon voire.
LA FEMME
Je suis vraiment femme d'honneur ;
Quand j'ai juré, l'on me peut croire :
Déchirez.
LE MARCHAND,
déchirant un petit coin de l'obligation.
Crac...
LA FEMME
.
Déchirez donc :
Vous n'en déchirez que partie.
LE
MARCHAND
Il est déchiré tout du long.
LA FEMME,
toussant.
Hem !
LE MARCHAND
Qu'avez-vous, ma douce amie?
LA FEMME,
toussant
encore un coup.
C'est le rhume. Hem !
LE MARCHAND
Foin de la toux!
Assurément, ce sont défaites.
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HUITIEME
ENTREE
LE SAVETIER,
accourant
en diligence au signal, et disant d'un air railleur et courroucé.
Ah! Monsieur, quoi ! vous voir chez nous ?
C'est trop d'honneur que vous nous faites.
LE MARCHAND,
se
levant.
Argent ! argent !
LE SAVETIER,
d'un
air menaçant et cherchant à prendre l'obligation que le Marchand
tient a la main.
Papier ! papier !
LE MARCHAND, effrayé.
Si je m'oblige à vous le rendre...
LE SAVETIER,
s’avançant
furieux sur le Marchand.
Ce n'est mon fait : point de quartier!
Je ne me laisse point surprendre.
Le
Marchand remet le papier au Savetier, et sort de sa boutique et du théâtre.
Le Savetier et sa femme éclatent de rire. L'on danse.
Notes :
Un de La Haye était prévôt du duc de Bouillon à Château-Thierry ; un Le Tellier était notaire à
Château-Thierry.
Le sujet du Conte d'une chose arrivée à Château-Thierry reprend
le thème de fond de cette pièce
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