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portrait de Jean de La Fontaine le corbeau de la fable jardin de la maison natale actuellement le perron de l'entrée de la maison

CHÂTEAU-THIERRY REND HOMMAGE À QUENTIN ROOSEVELT EN CETTE ANNÉE 2010

Programme du 4 juillet
Ci-dessous : Quentin et Les As de la première guerre mondiale. Exposition sur le pont de Château-Thierry
Manfred
von Richthofen
Edward Vernon
Rickenbacker
Raoul Gervais Lufbery William Bishop Willy Coppens Georges Madon René
Fonck
Georges Guynemer Charles Nungesser
As- France
Eugène Jacques Bullard
As Allemagne

As
U.S.A.

As
U.S.A.
As
Canada
As
Belgique
As
France
As
France
As
France
François Coli  
A l'exemple de Quentin Roosevelt, engagé pour défendre la liberté,
le thème fédérateur de "l'engagement" dans des domaines librement choisis (culture, sport, art...)
est célébré à Château-Thierry en 2010
En littérature : explications
Quentin Roosevelt : sa famille : Ce site n'est pas en Français, mais très intéressant car très documenté. Video
Les lettres de Quentin Roosevelt (extraits en Français) Elle n'est pas en Français, mais très intéressante concernant le métier de Quentin Roosevelt et sa fin tragique !
Les lettres originales ( tourner les pages en cliquant dessus)
La tombe de Quentin Roosevelt

En savoir plus sur la famille de Quentin Roosevelt

En 2010, la ville de Château-Thierry rend hommage au lieutenant Quentin Roosevelt (fils de l'ancien président des Etats-Unis), pilote de guerre basé à Saints, tué au cours d'un combat aérien le 14 juillet 1918 à Chamery.

Des expositions ou événements liés à cette commémoration, se succèderont au cours de l'année 2010 en différents points de la ville.

Ci-après, la communication faite par Tony Legendre le 7 mars 2010 lors de la présentation du programme autour du thème de l'année 2010, à Château-Thierry. Nous remercions Tony Legendre de nous avoir donné l'autorisation de la reproduire ici.

LIEUTENANT QUENTIN ROOSEVELT (1897 - 1918)

Il y a 92 ans, un jeune homme américain du nom, ô combien célèbre, de Quentin Roosevelt, tombait en plein ciel de gloire le 14 juillet 1918. Il fut inhumé dans la plaine de Chamery, proche de Coulonges-en-Tardenois le 15 juillet 1918 avec les honneurs militaires de l'armée allemande. Quentin n'avait pas encore 21 ans à ce moment, mais dans cette vie brève il avait fait preuve de qualités profondes et d'un idéal élevé de sérieux et de sacrifices, tout comme de "joie de vivre" pour reprendre l'expression toujours dite en français par ses amis américains.
Quentin Roosevelt est né à Washington le 19 novembre 1897, six mois avant que son père, Théodore Roosevelt (1) ne s'engage dans la guerre de libération de Cuba, alors colonie espagnole. Sa mère était Edith Kermit Carow (1861 - 1948). Il fréquente des écoles réputées à Washington puis le lycée Episcopalien d'Alexandrie en Virginie. Il passe l'été 1909 en Europe. Il est très intéressé par la mécanique. Dans une lettre à un ami on trouve ce commentaire : " A Reims nous avons vu tous les avions décoller. Tu ne peux pas imaginer comme c'est beau ! le plus beau est un monoplan appelé Antoinette, on dirait un grand oiseau, il vole très vite." A son retour il intègre Groton School. Il y fonde un magazine "The Grotonian". En dehors de son goût pour la mécanique, ce qui était original pour la famille, il adore lire,ce qui est, par contre, un trait familial. Cela lui permet d'écrire des nouvelles ou de très courtes pièces.
A l'automne 1915 il intègre Harvard. Peu de temps avant il fait une grave chute de cheval qui lui laisse une douleur constante malgré les traitements. Ses goûts pour la littérature sont aussi éclectiques que ceux de son père. Mais son goût pour la mécanique ne faiblit pas : pour quelques dollars il achète une vieille moto et une vieille voiture pour tenter de les réparer. Ses parents offrent d'acheter une voiture pour lui et un de ses frères, mais ce dernier refuse au motif que Quentin va la démonter tout de suite pour observer le mécanisme.
Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre contre l'Allemagne le 6 avril 1917, les quatre fils Roosevelt demandent à leur père quel est le meilleur moyen pour s'engager tout de suite. Quentin pense d'abord passer par les forces aériennes canadiennes mais il apprend que son pays ouvre une école d'aviation à Mineola. Il s'y inscrit. Très vite, tous lui découvrent un don, même un sixème sens qui font de lui l'un des meilleurs élèves-pilotes de l'école. Il est cependant très en colère contre la lenteur et la stupidité de l'administration là-bas. Il part pour la France le 23 juillet 1917.
Les lettres qu'il envoie à ses parents sont très vivantes et toujours empreintes de précision et d'humour. Il leur dit qu'en Angleterre tout est tranquille mais qu'à Paris on voit partout les preuves de l'état de guerre. Il est affecté à l'Ecole d'Aviation d'Issoudun (Indre) puis versé ensuite en septembre 1917 à la 1ère escadre aérienne où il vole sur avion Nieuport. Il a des responsabilités (“supply officer”: chargé du ravitaillement) car il est l'un des deux seuls officiers au camp à comprendre et parler le français. Il demande à ses parents de lui envoyer des livres et continue à écrire. Il imagine des histoires où les militaires ne peuvent supporter sans remords leur action destructrice qui les hante ensuite, parfois jusqu'au suicide.

Quentin Roosevelt aime son travail au camp mais a peur de finir “embusqué”. Ses supérieurs voudraient plutôt qu'il reste au camp. Il va vers la Bretagne, la Loire...Il aurait donc pu faire toute la fin de la guerre au sol.
Décembre 1917 : Il est “commanding officer” d'un détachement du Quartier Général (600 cadets et 40 officiers). Il lit conscieusement la presse américaine et souligne que, pour lui, ce n'est qu'un tissu de mensonges sur la vérité et la réalité de la guerre.
27 janvier 1918 : Quentin Roosevelt est à Romorantin (Loir et Cher). Il pratique le vol d'entraînement intensif. Il se retrouve “filleul” de toute une famille : les Normant.
Mars 1918: Quentin Roosevelt suit un stage de tir à la mitrailleuse à Cazeaux et une formation de pilote de chasse. Il regrette que les avions soient si peu manoeuvrables : vieux, lourds...Il habite Arcachon. Il a un excellent rapport : “Très bon pilote. Atterrissages très réguliers. Très bon tireur. Esprit très militaire. Beaucoup d'allant.

27 mai 1918 : Avec l'aide du capitaine Pelissin il écrit à un supérieur pour qu'ils les engage lui et son ami Ham. A Paris il va de bureau en bureau voir des officiers et répète inlassablement qu'il veut aller au front.
18 juin 1918 : Quentin Roosevelt est “engagé” à la 95e escadrille aéroportée du 1er groupe de chasse américain, son ami Ham à la 94e, mais ils travaillent ensemble. Il sort en patrouille le long des lignes ennemies. Il va même en Allemagne le 19 juin pour assurer protection et réglages d'appareils.
24 juin 1918 : Après de nombreux vols, Quentin Roosevelt est nommé dans un secteur “chaud” près de Paris. Il écrit :”Enfin je suis au front, et je suis heureux, heureux !”
2 juillet 1918 : grosse offensive avec l'infanterie. Ensuite il fait des “sorties” régulières. “Il n'y a rien de pire au monde que d'attendre dans le hangar une alerte qui ne vient pas.”
11 juillet 1918 : Déménagement dans un nouveau camp d'aviation beaucoup plus petit, à Saints (Seine et Marne). Il est logé à Mauperthuis chez “ une vieille dame charmante Mme Thibaut, à la ferme de Bricot. Il continue ses patrouilles et annonce à sa mère : “J'ai éprouvé ma première grande émotion sur le front car j'ai eu un “boche”.”
Pour le 14 juillet 1918 les soldats français avaient demandé aux Américains de préparer une prestation musicale et c'est Quentin Roosevelt qui fut chargé de former un groupe qu'il devait accompagner à la fête au village. Il faut dire que les Français adoraient le ragtime et les banjos. Ne le voyant pas venir, un officier français téléphonait à la 95e escadrille qui lui répondait qu'il était parti en patrouille. On crut qu'il s'était égaré ou qu'il avait été contraint d'atterrir derrière les lignes ennemies et qu'il était prisonnier.
Mais deux jours plus tard la radio américaine interceptait un communiqué allemand disant : “ Le 14 juillet, sept de nos avions de poursuite furent attaqués par des avions américains au nord de Dormans. Après une lutte acharnée, un des pilotes, après s'être battu vaillamment, fut tué de deux balles  dans la tête. On l'identifia comme étant le lieutenant Quentin Roosevelt, des US Flying Corps, fils de l'ancien président. Nous l'avons enterré avec les honneurs militaires dus à son rang et à son courage.”
D'autres détails précis parvinrent ensuite. Quentin Roosevelt pilotait un Nieuport 28. Ce jour-là décollèrent de Saints des avions qui se regroupèrent au-dessus de Coulommiers pour prendre de l'altitude et se diriger vers le front au nord de Château-Thierry. C'est là qu'eut lieu l'attaque. Le journal allemand “Kölnische Zeitung”  faisait paraître l'article suivant :
“L'aviateur de l'escadron américain, Quentin Roosevelt, trouva la mort d'un héros. Cette bataille consista en un duel aérien entre l'Américain et un pilote de chasse allemand, le sergent Greper. Après quelques tirs l'Américain commença à tomber et heurta le sol près du village de Chamery. L'aviateur américain fut tué de deux balles dans la tête. Ses affaires personnelles ont été ramassées avec soin afin d'être envoyées à sa famille. Il fut enterré par les aviateurs allemands avec les honneurs militaires.”
Quentin Roosevelt n'avait pas 21 ans.
Voici des extraits de ce qu'écrivait le journal “Le Temps” à Paris :
“Tel Père, Tels Fils,
La mort héroïque du capitaine aviateur Quentin Roosevelt, fils de l'ancien président des Etats-Unis, ajoute une nouvelle page de gloire et de deuil à l'histoire de l'amitié plus que séculaire qui unit l'Amérique et la France, dans une magnifique confraternité d'armes, pour la défense du droit éternel et des libertés du monde.
Théodore Roosevelt nous a donné ses quatre fils, tous engagés volontaires, tous animés de la plus belle émulation d'héroïsme et inspirés des hautes pensées dont la tradition paternelle a illustré leur foyer natal. L'un d'eux, le plu jeune, déjà cité à l'ordre pour une série d'incomparables prouesses, vient de tomber au champ d'honneur. Un autre est blessé...
Puisse la grande âme du président Roosevelt trouver dans cette épreuve la consolation et le réconfort que voudrait lui apporter notre amitié fraternelle! Il sait, il a souvent dit, mieux que personne, combien la beauté du sacrifice librement consenti est féconde en bienfaits pour les générations qui viendront, après nous, recueillir les fruits de nos efforts et de nos souffrances.”
Quatre jours plus tard, les Américains prenaient le village de Chamery où était tombé l'appareil de Quentin et ils découvraient la tombe du pilote avec une simple croix de bois sur laquelle on lisait :”Lieutenant Quentin Roosevelt, enterré par les Allemands” ainsi que, selon la coutume, les pales de l'hélice cassée et les roues tordues.
Suivant le voeu de Théodore Roosevelt, qui disait : “ Là où l'arbre tombe, il doit rester”, on laissa la sépulture au milieu de la plaine, les habitants de Chamery entretenant la tombe qu'ils entourèrent d'une petite clôture et d'un panneau de bois ouvragé. Après la mort de son mari, Mme Roosevelt, finança la transformation de l'abreuvoir de Chamery en fontaine à la mémoire de Quentin.
Le 22 septembre 1955, les restes du pilote furent transférés au cimetière de Colleville- Saint-Laurent-sur-Mer (Omaha Beach) en Normandie. Il repose à côté de son frère aîné le général Théodore Roosevelt Junior (Ted) décédé en Normandie en 1944.
En plus des officiels, assistait également à l'exhumation à Chamery un couple d'instituteurs, M. et Mme Coret, qui, depuis plusieurs années, avaient entretenu auprès de leurs élèves la mémoire de Quentin Roosevelt et qui furent à l'origine du 1er Memorial Day dans ce village en 1954.
Aux Etats-Unis, en 1920, la ville de Bismarck en Pennsylvanie fut débaptisée et prit le nom de Quentin en mémoire de Quentin Roosevelt.

Quentin Roosevelt : A Sketch with Letters (1921)
Pierre Drémont: Quentin Roosevelt et les aviateurs américains (à paraître).

  1. Théodore Roosevelt ,Républicain, fut le 26e Président des Etats-Unis de 1901 à 1909. Il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1906. Il eut quatre fils et une fille  : Théodore Roosevelt Junior (1877 – 1944); Kermit Roosevelt (1889 – 1943); Ethel Roosevelt Derby (1891 – 1977); Archibald Roosevelt (1894 – 1979) ; Quentin Roosevelt (1897 – 1918).haut

tombe de Roosevelt à Chamery

La tombe du lieutenant Quentin Roosevelt à Chamery

La Fontaine édifiée à Chamery offerte par Mme Roosevelt
La fontaine financée par Madame Roosevelt, en mémoire de son fils Quentin Roosevelt

En 2010, la ville de Château-Thierry rend hommage au lieutenant Quentin Roosevelt (fils de l'ancien président des Etats-Unis), pilote de guerre basé à Saints, tué au cours d'un combat aérien le 14 juillet 1918 à Chamery.

Des expositions ou événements liés à cette commémoration, se succèderont au cours de l'année 2010 en différents points de la ville.

Ci-après, la communication faite par Tony Legendre le 7 mars 2010 lors de la présentation du programme autour du thème de l'année 2010, à Château-Thierry. Nous remercions Tony Legendre de nous avoir donné l'autorisation de la reproduire ici.

LIEUTENANT QUENTIN ROOSEVELT (1897 - 1918)

Il y a 92 ans, un jeune homme américain du nom, ô combien célèbre, de Quentin Roosevelt, tombait en plein ciel de gloire le 14 juillet 1918. Il fut inhumé dans la plaine de Chamery, proche de Coulonges-en-Tardenois le 15 juillet 1918 avec les honneurs militaires de l'armée allemande. Quentin n'avait pas encore 21 ans à ce moment, mais dans cette vie brève il avait fait preuve de qualités profondes et d'un idéal élevé de sérieux et de sacrifices, tout comme de "joie de vivre" pour reprendre l'expression toujours dite en français par ses amis américains.
Quentin Roosevelt est né à Washington le 19 novembre 1897, six mois avant que son père, Théodore Roosevelt (1) ne s'engage dans la guerre de libération de Cuba, alors colonie espagnole. Sa mère était Edith Kermit Carow (1861 - 1948). Il fréquente des écoles réputées à Washington puis le lycée Episcopalien d'Alexandrie en Virginie. Il passe l'été 1909 en Europe. Il est très intéressé par la mécanique. Dans une lettre à un ami on trouve ce commentaire : " A Reims nous avons vu tous les avions décoller. Tu ne peux pas imaginer comme c'est beau ! le plus beau est un monoplan appelé Antoinette, on dirait un grand oiseau, il vole très vite." A son retour il intègre Groton School. Il y fonde un magazine "The Grotonian". En dehors de son goût pour la mécanique, ce qui était original pour la famille, il adore lire,ce qui est, par contre, un trait familial. Cela lui permet d'écrire des nouvelles ou de très courtes pièces.
A l'automne 1915 il intègre Harvard. Peu de temps avant il fait une grave chute de cheval qui lui laisse une douleur constante malgré les traitements. Ses goûts pour la littérature sont aussi éclectiques que ceux de son père. Mais son goût pour la mécanique ne faiblit pas : pour quelques dollars il achète une vieille moto et une vieille voiture pour tenter de les réparer. Ses parents offrent d'acheter une voiture pour lui et un de ses frères, mais ce dernier refuse au motif que Quentin va la démonter tout de suite pour observer le mécanisme.
Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre contre l'Allemagne le 6 avril 1917, les quatre fils Roosevelt demandent à leur père quel est le meilleur moyen pour s'engager tout de suite. Quentin pense d'abord passer par les forces aériennes canadiennes mais il apprend que son pays ouvre une école d'aviation à Mineola. Il s'y inscrit. Très vite, tous lui découvrent un don, même un sixème sens qui font de lui l'un des meilleurs élèves-pilotes de l'école. Il est cependant très en colère contre la lenteur et la stupidité de l'administration là-bas. Il part pour la France le 23 juillet 1917.
Les lettres qu'il envoie à ses parents sont très vivantes et toujours empreintes de précision et d'humour. Il leur dit qu'en Angleterre tout est tranquille mais qu'à Paris on voit partout les preuves de l'état de guerre. Il est affecté à l'Ecole d'Aviation d'Issoudun (Indre) puis versé ensuite en septembre 1917 à la 1ère escadre aérienne où il vole sur avion Nieuport. Il a des responsabilités (“supply officer”: chargé du ravitaillement) car il est l'un des deux seuls officiers au camp à comprendre et parler le français. Il demande à ses parents de lui envoyer des livres et continue à écrire. Il imagine des histoires où les militaires ne peuvent supporter sans remords leur action destructrice qui les hante ensuite, parfois jusqu'au suicide.

Quentin Roosevelt aime son travail au camp mais a peur de finir “embusqué”. Ses supérieurs voudraient plutôt qu'il reste au camp. Il va vers la Bretagne, la Loire...Il aurait donc pu faire toute la fin de la guerre au sol.
Décembre 1917 : Il est “commanding officer” d'un détachement du Quartier Général (600 cadets et 40 officiers). Il lit conscieusement la presse américaine et souligne que, pour lui, ce n'est qu'un tissu de mensonges sur la vérité et la réalité de la guerre.
27 janvier 1918 : Quentin Roosevelt est à Romorantin (Loir et Cher). Il pratique le vol d'entraînement intensif. Il se retrouve “filleul” de toute une famille : les Normant.
Mars 1918: Quentin Roosevelt suit un stage de tir à la mitrailleuse à Cazeaux et une formation de pilote de chasse. Il regrette que les avions soient si peu manoeuvrables : vieux, lourds...Il habite Arcachon. Il a un excellent rapport : “Très bon pilote. Atterrissages très réguliers. Très bon tireur. Esprit très militaire. Beaucoup d'allant.

27 mai 1918 : Avec l'aide du capitaine Pelissin il écrit à un supérieur pour qu'ils les engage lui et son ami Ham. A Paris il va de bureau en bureau voir des officiers et répète inlassablement qu'il veut aller au front.
18 juin 1918 : Quentin Roosevelt est “engagé” à la 95e escadrille aéroportée du 1er groupe de chasse américain, son ami Ham à la 94e, mais ils travaillent ensemble. Il sort en patrouille le long des lignes ennemies. Il va même en Allemagne le 19 juin pour assurer protection et réglages d'appareils.
24 juin 1918 : Après de nombreux vols, Quentin Roosevelt est nommé dans un secteur “chaud” près de Paris. Il écrit :”Enfin je suis au front, et je suis heureux, heureux !”
2 juillet 1918 : grosse offensive avec l'infanterie. Ensuite il fait des “sorties” régulières. “Il n'y a rien de pire au monde que d'attendre dans le hangar une alerte qui ne vient pas.”
11 juillet 1918 : Déménagement dans un nouveau camp d'aviation beaucoup plus petit, à Saints (Seine et Marne). Il est logé à Mauperthuis chez “ une vieille dame charmante Mme Thibaut, à la ferme de Bricot. Il continue ses patrouilles et annonce à sa mère : “J'ai éprouvé ma première grande émotion sur le front car j'ai eu un “boche”.”
Pour le 14 juillet 1918 les soldats français avaient demandé aux Américains de préparer une prestation musicale et c'est Quentin Roosevelt qui fut chargé de former un groupe qu'il devait accompagner à la fête au village. Il faut dire que les Français adoraient le ragtime et les banjos. Ne le voyant pas venir, un officier français téléphonait à la 95e escadrille qui lui répondait qu'il était parti en patrouille. On crut qu'il s'était égaré ou qu'il avait été contraint d'atterrir derrière les lignes ennemies et qu'il était prisonnier.
Mais deux jours plus tard la radio américaine interceptait un communiqué allemand disant : “ Le 14 juillet, sept de nos avions de poursuite furent attaqués par des avions américains au nord de Dormans. Après une lutte acharnée, un des pilotes, après s'être battu vaillamment, fut tué de deux balles  dans la tête. On l'identifia comme étant le lieutenant Quentin Roosevelt, des US Flying Corps, fils de l'ancien président. Nous l'avons enterré avec les honneurs militaires dus à son rang et à son courage.”
D'autres détails précis parvinrent ensuite. Quentin Roosevelt pilotait un Nieuport 28. Ce jour-là décollèrent de Saints des avions qui se regroupèrent au-dessus de Coulommiers pour prendre de l'altitude et se diriger vers le front au nord de Château-Thierry. C'est là qu'eut lieu l'attaque. Le journal allemand “Kölnische Zeitung”  faisait paraître l'article suivant :
“L'aviateur de l'escadron américain, Quentin Roosevelt, trouva la mort d'un héros. Cette bataille consista en un duel aérien entre l'Américain et un pilote de chasse allemand, le sergent Greper. Après quelques tirs l'Américain commença à tomber et heurta le sol près du village de Chamery. L'aviateur américain fut tué de deux balles dans la tête. Ses affaires personnelles ont été ramassées avec soin afin d'être envoyées à sa famille. Il fut enterré par les aviateurs allemands avec les honneurs militaires.”
Quentin Roosevelt n'avait pas 21 ans.
Voici des extraits de ce qu'écrivait le journal “Le Temps” à Paris :
“Tel Père, Tels Fils,
La mort héroïque du capitaine aviateur Quentin Roosevelt, fils de l'ancien président des Etats-Unis, ajoute une nouvelle page de gloire et de deuil à l'histoire de l'amitié plus que séculaire qui unit l'Amérique et la France, dans une magnifique confraternité d'armes, pour la défense du droit éternel et des libertés du monde.
Théodore Roosevelt nous a donné ses quatre fils, tous engagés volontaires, tous animés de la plus belle émulation d'héroïsme et inspirés des hautes pensées dont la tradition paternelle a illustré leur foyer natal. L'un d'eux, le plu jeune, déjà cité à l'ordre pour une série d'incomparables prouesses, vient de tomber au champ d'honneur. Un autre est blessé...
Puisse la grande âme du président Roosevelt trouver dans cette épreuve la consolation et le réconfort que voudrait lui apporter notre amitié fraternelle! Il sait, il a souvent dit, mieux que personne, combien la beauté du sacrifice librement consenti est féconde en bienfaits pour les générations qui viendront, après nous, recueillir les fruits de nos efforts et de nos souffrances.”
Quatre jours plus tard, les Américains prenaient le village de Chamery où était tombé l'appareil de Quentin et ils découvraient la tombe du pilote avec une simple croix de bois sur laquelle on lisait :”Lieutenant Quentin Roosevelt, enterré par les Allemands” ainsi que, selon la coutume, les pales de l'hélice cassée et les roues tordues.
Suivant le voeu de Théodore Roosevelt, qui disait : “ Là où l'arbre tombe, il doit rester”, on laissa la sépulture au milieu de la plaine, les habitants de Chamery entretenant la tombe qu'ils entourèrent d'une petite clôture et d'un panneau de bois ouvragé. Après la mort de son mari, Mme Roosevelt, finança la transformation de l'abreuvoir de Chamery en fontaine à la mémoire de Quentin.
Le 22 septembre 1955, les restes du pilote furent transférés au cimetière de Colleville- Saint-Laurent-sur-Mer (Omaha Beach) en Normandie. Il repose à côté de son frère aîné le général Théodore Roosevelt Junior (Ted) décédé en Normandie en 1944.
En plus des officiels, assistait également à l'exhumation à Chamery un couple d'instituteurs, M. et Mme Coret, qui, depuis plusieurs années, avaient entretenu auprès de leurs élèves la mémoire de Quentin Roosevelt et qui furent à l'origine du 1er Memorial Day dans ce village en 1954.
Aux Etats-Unis, en 1920, la ville de Bismarck en Pennsylvanie fut débaptisée et prit le nom de Quentin en mémoire de Quentin Roosevelt.

Quentin Roosevelt : A Sketch with Letters (1921)
Pierre Drémont: Quentin Roosevelt et les aviateurs américains (à paraître).

  1. Théodore Roosevelt ,Républicain, fut le 26e Président des Etats-Unis de 1901 à 1909. Il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1906. Il eut quatre fils et une fille  : Théodore Roosevelt Junior (1877 – 1944); Kermit Roosevelt (1889 – 1943); Ethel Roosevelt Derby (1891 – 1977); Archibald Roosevelt (1894 – 1979) ; Quentin Roosevelt (1897 – 1918).haut

tombe de Roosevelt à Chamery

La tombe du lieutenant Quentin Roosevelt à Chamery

La Fontaine édifiée à Chamery offerte par Mme Roosevelt
La fontaine financée par Madame Roosevelt, en mémoire de son fils Quentin Roosevelt