Javascript Menu by Deluxe-Menu.com fable Jean de La Fontaine : Le soleil et les grenouilles
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Fable, Jean de La Fontaine, 
Le Soleil et les Grenouilles,  Livre VI, fable 12
 

Le Soleil et les Grenouilles

Aux noces d'un Tyran (1) tout le Peuple en liesse
               Noyait son souci dans les pots (2).
Esope seul trouvait que les gens étaient sots
               De témoigner tant d'allégresse.
Le Soleil, disait-il, eut dessein autrefois
               De songer à l'hyménée.
Aussitôt on ouït (3) d'une commune voix
               Se plaindre de leur destinée
               Les Citoyennes des étangs.
        Que ferons-nous, s'il lui vient des enfants ?
Dirent-elles au Sort, un seul Soleil à peine
        Se peut souffrir (4). Une demi-douzaine
Mettra la mer à sec et tous ses habitants.
Adieu joncs et marais : notre race est détruite.
               Bientôt on la verra réduite
        A l'eau du Styx (5). Pour un pauvre Animal,
Grenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal.


La fable de titre identique (le soleil et les grenouilles) n'a pas été reprise par La Fontaine dans ses recueils, mais a été publiée de son vivant.
Sources : Esope, Phèdre...


(1) chez les Grecs : souverain absolu d'une cité
(2) les cruches de vin (on dit actuellement prendre un pot pour prendre un verre)
(3) on entendit (on n'emploie plus ce verbe que dans l'expression J'ai ouï dire)
(4) supporter
(5) Le Styx est le fleuve marécageux des Enfers, dans la mythologie. Les grenouilles n'auront plus qu'à s'y réfugier

Le soleil et les Grenouilles, ill. Grandville
Illustration : Grandville

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