Né le 11 septembre
1611 au château de Sedan, Turenne, fait ses premières armes
dans la guerre à quatorze ans. Il combat en Hollande auprès de ses
oncles Nassau, deux des plus illustres généraux de l’époque.
Prince protestant, Turenne passe à dix-huit ans au service du
catholique Louis XIII, comme otage du traité conclu avec la France
par sa mère, qui gouverne la principauté indépendante de Sedan.
Il se bat en Italie, dans les Flandres, en Alsace, dans le Midi. A
vingt-trois ans, il est fait maréchal de camp -l’équivalent de
général de brigade -pour ses succès dans la guerre de Trente Ans.
A trente-deux ans, il est promu maréchal de France par Mazarin.
Avec Condé, alors son allié, il remporte deux victoires décisives
en Allemagne. Subitement, il change de camp. Poussé par son frère,
le duc de Bouillon, Turenne rejoint la Fronde, celle des princes qui
s’opposent à la régente et au jeune Louis XIV. Il gagne Stenay
avec Condé. Il s’allie avec l’Espagne, pays ennemi. Entré avec
ses troupes en Champagne, il est battu à Rethel le 15 décembre
1650. Déçu par ses alliés espagnols, Turenne revient au service
du roi et prend la tête de son armée. |
Devant
Orléans, il arrête Condé, devenu son ennemi, le repousse devant
Gien, prend Etampes et l’accule aux remparts de Paris. Il mène
les opérations contre les Espagnols et Condé, délivre Arras et
assure la prise de Dunkerque par la victoire des Dunes le 14juin
1658, où il impose la paix aux Espagnols. Neuf ans plus tard, en
1667, Turenne conduit la guerre de Dévolution qui donne la Flandre
méridionale à la France. Il y initie le jeune Louis XIV à l’art
militaire. L’année suivante, il se convertit discrètement au
catholicisme après des entretiens avec Nicole et Bossuet, deux
écrivains qui sont de farouches adversaires du protestantisme. De
1672 à 1678, il mène la guerre de Hollande par laquelle la France
obtient la Franche-Comté. La défense de l’Alsace lui est fatale.
Le 27 juillet 1675, Turenne est fauché par un boulet à Salzbach,
dans le pays de Bade. Il s’apprêtait à livrer bataille aux
Autrichiens. II avait soixante-trois ans. Sa dépouille fut
ensevelie près de celle des rois de France à Saint-Denis.
Bonaparte la fit transférer en 1800 aux Invalides. (extrait du
journal L'Union : "Le personnage illustre" 14/08/1998) |